II Les préliminaires intérieurs ou particuliers 1 Le sublime esprit d’Eveil

 

II Les préliminaires intérieurs ou particuliers

 

1 Le sublime esprit d’Eveil

 

« Quelle pitié de savoir que mes mères d’autrefois endurent de tels supplices.

Quel bonheur ce serait si elles pouvaient maintenant être promptement délivrées de ces tourments. »

 

« Quelle tristesse lorsque je pense aux êtres qui souffrent dans les funestes destinées en subissant le plein effet du karma et dont les souffrances s’additionnent à travers d’insupportables tortures ! 

Quel bonheur ce serait si les êtres des six classes d’existence pouvaient être libre de toutes les imprégnations psychiques de souffrance et de leurs visions karmiques pour obtenir promptement le bonheur définitif du plein Eveil ! »

 

« Puissent-ils profiter d’une prospérité encore plus élevée, ne connaître aucun danger et recueillir maintes parfaites qualités. »

 

« Quel bonheur ce serait s’ils pouvaient jouir d’une grandeur et d’une prospérité encore plus grande.

Quelle joie serait la mienne s’ils étaient libérés de ces souffrances et s’ils connaissaient le bonheur ! »

 

« De tous les êtres animés qui comblent l’espace, il n’en existe aucun qui n’est été mon père, ma mère, mon enfant ou mon ami.

 - C’est donc pour eux que je vais faire en sorte d’obtenir promptement le précieux stade de l’Eveil authentique et parfait !

 - Je vais m’employer à atteindre le stade du plein Eveil pour le bien de tous les êtres en nombre aussi vaste que l’espace !

 

D’une part tous ces êtres comblant l’espace ont été mes pères et mères et d’autres parts, ils errent depuis longtemps dans le samsara en renaissant successivement dans toutes sortes de conditions, élevées ou non.

Or, lorsque ces êtres furent mes parents, ils m’ont donné autant d’amour que mes pères et mères actuels, me protégeant de toutes les manières possibles.

Inconcevable est l’aide qu’ils m’ont apportée.

Or, dans la geôle de la triple souffrance, ces parents si bienveillants sont enveloppés par les épaisses ténèbres de l’opacité mentale ;

Ils ne savent pas ce qui relève de la Vois ou non, ils ne savent pas non plus ce qu’il convient d’adopter ou de rejeter et ils n’ont pas de Guide spirituel pour leur révéler la Voie authentique.

Il m’incombe donc de soutenir mes vieilles mères semblables à des aveugles errants sur une plaine déserte sans aucune assistance.

Je ne dois pas obtenir la délivrance pour mon propre compte seulement en la  issant dans le samsara ces êtres qui furent mes parents car, de mon côté, je dois leur rendre leur bonté et, de leur côté, ils doivent comprendre la relation de causalité des actes ainsi que la réalité authentique.

Dès lors, je vais engendrer l’esprit d’Eveil pour le bien de tous les êtres, m’entraîner ensuite dans la grande vague d’activité des Youngdroung Sempas comme le firent les fils des Victorieux du passé et m’appliquer à obtenir le stade manifeste de l’Eveil sur la base de cette apparence physique pour devenir un Révélateur qui guidera tous les êtres demeurant dans le samsara, sans en laisser un seul de côté.

Afin d’avoir la capacité d’agir ainsi, ô Divine Assemblée des Quatre Sanctuaires Eternels de Refuge, veuillez m’accordez votre grâce ! »

 

* - Le Lama, le Bouddha, le Beun, les Shenrabs - *

* - Le Lama, le Bouddha, le Beun, les Shenrabs - *

- « Bienheureux qui siégez aux dix orients, je vous rends hommage !

Veuillez me prêter attention. »

 

 - « Par la glorieuse force de cette vertu et de toutes les autres accumulées dans les trois temps, j’engendre le sublime esprit d’Eveil à la manière des Victorieux et des êtres sublimes pour que les êtres obtiennent l’état de Bouddha ! »

 

 - « De la même manière que les Bouddhas Victorieux et les nobles Youngdroung sempas ont engendré le sublime esprit d’Eveil, grâce aux qualités et à la glorieuse force des racines de bien accumulées dans les trois temps

  - à savoir tous les actes positifs accomplis par moi-même et tous les autres êtres depuis des vies sans commencement jusqu’à cette présente existence, tous ceux que je dois accomplir désormais jusqu’à atteindre le fruit de la bouddhéité et encore tous ceux que j’accomplis à présent

- J’engendre le sublime esprit d’Eveil insurpassable.

 

L’ayant ainsi engendré pour libérer de ce grand océan de souffrance qu’est le samsara l’ensemble des êtres qui vivent dans l’existence conditionnée depuis son faîte jusqu’aux enfers sans oublier aucun d’entre eux et pour leur permettre d’obtenir le précieux stade de l’Eveil authentique et parfait, je vais m’employer sur la base de cette apparence physique à devenir un révélateur qui guidera les êtres vers l’état de Bouddha. »

 

 - « A la manière des Bouddhas et Youngdroung sempas du passé, je vais dédier à l’Eveil insurpassable toutes les racines de bien issues de cette pratique et ce, pour le bien de tous les êtres animés en nombre égal à l’espace ! »

 

 - « Quelles que soient les causes d’excellences que je puisse désirer pour moi-même, les autres êtres les désirent de la même façon.

Puissent-elles donc advenir selon les souhaits de chacun !

De même que je ne désire subir aucune des nombreuses catégories de souffrances, les autres êtres ne le désirent pas plus que moi.

Puissent-elles donc n’atteindre personne ! »

 

 - « De même que je me consacre avec effort et persévérance à assurer mon propre bonheur, les autres s’activent pareillement à réaliser le leur ;

De même que je cherche à éviter la souffrance et le mal-être, les autres s’y efforcent pareillement ;

De même que je me réjouis dans le bonheur, le confort et la richesse, les autres s’en réjouissent également. »

 

 - « Quel bonheur ce serait si les terribles souffrances qu’endure cet être qui fut mon père ou ma mère dans mes vies passées pouvaient à présent promptement disparaître ! »

 

 - « Grâce au confort et au bien-être que je ressens à travers mon corps, ma parole et mon esprit, grâce également aux vertus que je développe, puissent tous les êtres des trois mondes connaître le bien-être et le confort en voyant également leurs vertus s’accroître ! »

 

 - « Puissent ces difficultés que je rencontre permettre à tous les êtres des trois mondes dont les vertus ne s’accroissent pas et qui sont accablés de souffrances d’être débarrassés de ces problèmes pour connaître le bonheur et la joie ! »

 

 - « Dès lors que tous les êtres sont heureux et à l’aise en toutes circonstances, même si je me trouve dans les enfers et que j’erre encore et encore dans le samsara, peu importent toutes les nombreuses souffrances qui pourront m’advenir du moment que cela leur est bénéfique.

Pour leur rendre leur bonté, je peux même supporter de perdre la vie et à présent, je n’ai d’autre but que celui-ci ! »

 

Il existe beaucoup de façon de faire le bien d’autrui !

 

- « C’est en agissant ainsi qu’ils ont obtenu les accomplissements.

Même si je ne peux prétendre atteindre un niveau supérieur au leur, je me dois de parvenir à un niveau équivalent. »

 

Le Grand Gyerpoung :

 - « Mon fils, il en est ainsi :

 Pour ceux qui cheminent sur la voie de la Conscience, les grottes vides de montagnes sont les lieux où demeurer,

Les activités du samsara sont ce qui doit être abandonné,

Les blanches vertus sont ce qui doit être adopté et leur propre esprit immaculé ce qui doit être médité.

Mon fils, la diligence est essentielle lorsque l’on médite dans la solitude. »

Le révéré Dampa :

 - « Gombar, si ta complainte est vraiment importante, il faut maintenant que tes pensées dualistes disparaissent vite. »

 

« Observe si ton esprit saisit ou non un Soi ! »

 

Mengongwa :

 - « Si vous ne tranchez pas les liens avec la nourriture et les biens matériels, vous ne contenterez jamais votre esprit empreint de désirs. »

 

L’Abrégé nous dit :

- « Les phénomènes du samsara comme du nirvana sont semblables à une chimère, à un mirage, à un écho, à un rêve,

à une illusion optique, à un reflet,

à l’image de la lune dans l’eau ou à un  arc-en-ciel.

Il n’est rien qui soit et il n’y a rien à faire ! »

 

Placer l’esprit dans l’état semblable au ciel

qui réalise la clarté-vacuité correspond à la Sagesse Transcendante.

 

Louange au vénérable Œil unique de Menri par Drenpa Namkha :

 - «Aux soixante transcendances au complet, je rends hommage ! »

 

Le révéré Tséwang l’ermite :

 - « Des signes extérieurs s’élèvent et en voyant ces diverses apparences blanches et rouge comme une illusion, sans les prendre pour permanentes, ou en comprenant qu’elles sont justes similaires aux rêves de la nuit précédente, l’impermanence émergera dans notre courant de conscience.

Pourquoi nos parents, les membres de notre famille, nos proches, conjoints, amis et les autres gens ne seraient-ils pas tous semblables ?

 

S’il nous vient à l’esprit la bonne compréhension consistant à penser qu’il n’existe personne qui n’ait été notre père ou notre mère et si notre attachement n’est pas significatif, ce sont là autant de signes extérieurs.

 

Pour ce qui est des signes intérieurs, l’attitude sans hypocrisie qui consiste à nous interroger sur la qualité de nos pensées,

Le fait de nous vêtir de manière ordinaire sans souci de plaire,

Un état d’esprit qui ne chérit pas notre corps en comprenant que la quatre éléments qui le composent ne sont qu’un emprunt,

Le fait de nous sustenter de ce que nous trouvons sans avoir de préférences particulières en comprenant que les objets matériels, les aliments ou les boissons ne sont ni bons ni mauvais et finissent en déchets,

Considérer toute place comme convenable sans tenir compte de notre position dans les rangs :

Voici autant de signes intérieurs.

 

Quant aux signes secrets :

Etre libre de doute,

Voir que notre esprit est vide en essence et libre des extrêmes,

Savoir que cela même représente le Corps Absolu de grande Félicité,

 

Savoir laisser l’esprit dans son essence de vacuité qui est sa condition naturelle non altérée et y maintenir continûment la Clarté de la Prime Sagesse Discernante,

 

Comprendre clairement que même si les pensées prolifèrent sans cesse, il s’agit de la Prime Sagesse née d’Elle-même et,

 

Lorsque la conscience présente est capable de prendre tout comme amis sans rien bloquer ni accomplir, voir émerger un court instant l’esprit réalisé de Grande Félicité libre des imprégnations karmiques et de l’intellect :

 - Tels sont les signes secrets. »

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